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New Super Mario Bros. U Deluxe – Les faux frères

Des pavés dans la mer…

4 février 2019

"La Nintendo Switch est une arnaque." Un postulat complètement subjectif, et un cliché qui a la vie dure auprès de pas mal de joueurs, notamment parmi toutes celles et ceux ayant donné sa chance à la Wii U – pauvres fous ! – durant ses quatre années d'existence aux allures de lente agonie. Il faut dire que si la nouvelle console hybride de Nintendo est un concept objectivement fabuleux en terme d'ergonomie, il était prévisible qu'elle accueille bon nombre de portages en tous genres, et surtout des meilleurs titres de sa grande sœur vite oubliée à son profit, surfant sur un succès commercial aussi impressionnant qu'inquiétant quant à la quantité de remasters pouvant potentiellement s'y inviter. Comme les menus "Deluxe" ont la cote sur Switch, après Mario Kart 8 (dont je vous renvoie à ma critique de 2014 si cela vous intéresse), c'est au tour de deux grandes aventures des plombiers de s'inviter sur la vraie-fausse console portable de salon. À défaut de l'exceptionnel Super Mario 3D World dont on peut cependant toujours rêver d'une réédition – la Switch n'a pas encore tout à fait deux ans, et le réservoir de "Big N" semble un peu illimité – c'est aux sympathiques New Super Mario Bros. U (titre de lancement de la Wii U) et New Super Luigi U (premier stand-alone de l'histoire de la licence ou presque) que revient l'honneur de se rassembler dans une compilation qui n'apporte quasiment rien, sauf de bons moments et la redécouverte de deux titres fortement inégaux. D'où l'intérêt de s'attarder un petit peu dessus.

 


Note sur les conditions de jeu :

 

C'est en premier lieu dans le cadre d'une solution complète du jeu pour le compte de jeuxvideo.com que j'ai obtenu une version dématérialisée de New Super Mario Bros. U Deluxe, pour laquelle je remercie donc laboitecom ainsi que mon employeur (c'est abominablement corporate et je m'en fous, de toute façon vous ne lisez jamais cet encart et vous avez bien raison). Le journal d'activité de ma Nintendo Switch mentionne "45 heures ou plus" que je vais donc arrondir à 50, m'ayant servi tout au long du mois écoulé à compléter aussi bien New Super Mario Bros. U que New Super Luigi U à 100%, avec les 5 étoiles. Le multijoueur a également été testé dans le cadre du "Lunch Play" de JVTV, et si vous voulez vous moquer de mon absence totale de skill, voici le lien où revoir cette catastrophe. Enfin, une comparaison avec le "NSMBU" original de la Wii U sera évoquée, ayant complété également ce titre à 100% lors de son acquisition à l'hiver 2012-2013. Les captures d'écran ont été comme toujours réalisées par mes soins, même si ça aussi je sais que vous vous en foutez.

 

 

 

 

"Tu as le gland ! Tu seras mieux" (*)

 

 

Dans cette critique que je vais essayer de faire plus courte que d'ordinaire, je vais dans un premier temps revenir sur les qualités et les défauts du premier des deux titres qui nous intéresse ici – New Super Mario Bros. U, donc – tout en le comparant avec sa version originale sortie sur Wii U en décembre 2012. Sa "suite" sera de son côté évoquée dans la seconde partie de l'article, suivie d'un bilan global de la compilation. Revenons donc à nos moutons, on plutôt, à nos écureuils. Quatrième opus de la série New Super Mario Bros., ce volet suivi d'un "U" modérément engageant et laissant augurer des pires titres de jeux possibles à venir sur la nouvelle plate-forme de Nintendo (on a tou(te)s cru à des potentiels "Mario Kart U" ou "Mario Party U", honnêtement) cherche bien entendu à se démarquer par son gimmick sous forme de nouveau costume pour le célèbre plombier. Là où le "New SMB" original sorti sur Nintendo DS en 2006 avait introduit le mini-champignon rétrécissant Mario en un sprite minuscule, le méga-champignon jouant le rôle inverse, et la carapace de tortue rappelant le "Mario Marteau" de Super Mario Bros. 3, l'opus Wii avait de son côté révélé la fleur de glace, le champignon hélice et le costume de pingouin (rien que ça !), suivi par des power-ups jouant sur la thématique des pièces d'or dans un New Super Mario Bros. 2 abusant totalement de cette facette de gameplay. Le nouveau Mario, pourtant, n'allait se contenter que d'un seul et unique item de transformation sous forme d'un hybride champignon/gland lui faisant revêtir une tenue de "super écureuil" du plus bel effet – en fait non, pas du tout, c'est hideux. Seul le retour de Yoshi, couplé à la présence de trois bébés Yoshi aux coloris aussi variés que tristement classique (bleu, rose et jaune, aux propriétés spécifiques) pouvait à la rigueur apporter un peu de nouveauté… si l'on peut parler de nouveauté avec un retour de Yoshi au casting !

 

(*) Paix à ton âme, Véronique Chantel.

 

Ainsi, en plus du sentiment de facilité encore plus gros que celui d'un "New SMB 2" sorti trois mois plus tôt (!) et qui sentait déjà le réchauffé, à première vue, New Super Mario Bros. U s'annonçait un petit peu comme l'épisode de trop dans cette "sous-licence" mettant en scène le plombier moustachu et tout son univers, et il fallait vraiment qu'il accompagne la sortie d'une nouvelle console pour donner envie d'investir. Je ne vous cacherai pas qu'en me faisant offrir une Wii U à Noël 2012 (mais avec… NintendoLand), je l'ai acheté dans la foulée mais sans grand engouement, juste par nécessité de disposer d'un "vrai jeu" et puis, bah, parce que c'était un nouveau Mario quand même, quoi. Il m'aura finalement fallu me lancer dans ce jeu et le terminer (à 100%, évidemment) pour faire disparaître bon nombre des préjugés qui l'entouraient. Pourtant, c'est un fait, il ne constitue évidemment une révolution à aucun moment, surtout durant un début de décennie où les platformers indépendants de grande qualité émergent en masse, du hardcore (Super Meat Boy) à la tentative purement artistique mais acclamée (Limbo) et où la concurrence du "roi" Mario est remise en question, y compris sur son propre terrain, par un certain Rayman (même si Legends, qui devait sortir en tant qu'exclusivité Wii U à son lancement, fut largement repoussé, et développé en plus pour d'autres supports finalement). Cependant, New Super Mario Bros. U est un très bon jeu de plates-formes en 2D, et en haute définition qui plus est, lançant Mario dans le grand bain de la HD avec une grosse demi-décennie de retard ; mais mieux que cela, il est le meilleur New Super Mario Bros., tout simplement. Un constat pas évident à accepter, j'en conviens, et que je vais du coup m'efforcer de développer tant cela peut sembler subjectif (en même temps, ça l'est !) et totalement excessif (là par contre, non, ça ne l'est pas).

 

 

 

 

Nuançons immédiatement ce propos qui pourrait me susciter, presque à raison, le courroux d'un lectorat gavé d'avance que je couvre d'honneurs abusives ce qui ne reste qu'un simple Mario, en 2D qui plus est, à une époque où on aurait tué pour avoir enfin le premier opus HD en trois dimensions d'une série bientôt trentenaire. Non, New Super Mario Bros. U n'est pas un grand jeu vidéo ou un immense Mario hyper marquant, il se fait allègrement défoncer de partout par un Rayman Legends que j'aime voir en son concurrent le plus logique, mais c'est un chouette jeu qui clôture (pour l'instant ?) avec suffisamment de réussite sa propre sous-série. En proposant son tout premier jeu en haute définition, Nintendo n'avait pas pris de gros risques, mais avait néanmoins eu la bonne idée avec cet épisode de synthétiser à peu près toutes les forces d'une IP qui avait cartonné sur Nintendo DS et Wii, et ne s'était surtout pas raté sur grand-chose. Avec ses huit mondes aussi classiques que dotés de caractère (la fameuse zone rappelant les peintures de Van Gogh demeure un des tours de forces artistiques les plus audacieux de toute la série !) auxquels se greffent une zone bonus et quelques niveaux cachés aussi facultatifs que plus coriaces, à l'esthétique certes déjà connue mais affinée pour le plus grand plaisir de nos yeux, "New SMB U" remplissait son objectif : proposer un Mario "made in Nintendo" faisant largement le boulot pour entamer un nouveau cycle pour la firme, en attendant mieux. Jamais incroyablement génial, mais pas vraiment raté une seule fois, il ne peut à la rigueur que déclencher la controverse sur ce nouveau power-up bien moins bizarre que la tenue qui en découle. Avec ses oreilles ne différant pas spécialement de celles du raton-laveur ou de l'aussi célèbre qu'adorable tanuki, le costume d'écureuil met surtout en avant un béret aux proportions peu orthodoxes et une cape (à queue) certes assortie, mais conférant une allure d'ensemble vraiment discutable. Plus étrange encore, Mario en devient presque "cheaté", car capable de flotter, de s'accrocher aux murs temporairement, et d'exécuter une sorte de double saut lorsqu'il flotte dans les airs, le rendant particulièrement précieux au point d'être bien trop utile. La fleur de glace viendra heureusement rompre cette relative monotonie en s'avérant également nécessaire en de nombreuses occasions, mais s'il y a effectivement un point sur lequel ce Mario ne restera pas dans les mémoires, c'est bien sur cette question d'identité.

 

 

En bon pot-pourri, il est évidemment très agréable à jouer, se pare d'un level design largement dans la moyenne à laquelle la série nous a habitués, mais clairement, une fois qu'on en a fait le tour, on sait que l'on n'y reviendra pas spécialement. New Super Mario Bros. U demeure cependant plutôt complet, assez sympa à jouer à plusieurs, et courir après l'espiègle Carottin (à qui Ravio, dans The Legend of Zelda: A Link Between Worlds, ressemblera énormément un an plus tard, ce qui sera néanmoins une coïncidence involontaire selon le regretté Satoru Iwata) constituera un petit défi supplémentaire amusant un temps, surtout parce qu'il sera indispensable pour afficher fièrement cinq étoiles sur l'écran de sélection des parties… mais une fois définitivement exploré à 100%, en dépit de ses petits challenges additionnels disponibles depuis le menu principal, on n'y reviendra pas spécialement, même pour l'explorer avec les autres personnages jouables. Une prouesse que réussira cependant Super Mario 3D World, sorti tout juste un an plus tard, et qui constituera rapidement le Mario de référence sur cette machine déjà assez mal en point au moment où la PlayStation 4 et la Xbox One voient la lumière du jour (quoique, en novembre, cela reste sujet à débat). Il le restera hélas, la console n'accueillant jamais d'opus entièrement en 3D, une mission que l'héritière de la Wii U, la bien nommée Nintendo Switch, se fera un plaisir d'accomplir à peine plus de six mois après sa mise au monde. Quant à New Super Mario Bros. U, malgré d'évidentes qualités, il serait un peu resté dans l'oubli sans un portage Switch à la fois inattendu et finalement pas si surprenant que ça, en compagnie de son petit frère, le fameux New Super Luigi U, initialement prévu comme le premier vrai contenu additionnel complet (DLC) de l'histoire de la licence, finalement porté en version boîte en tant que standalone au tout début de l'été 2013 – en pleine "Year of Luigi", puisque 2013 commémorait les 30 ans du plus fameux second couteau de l'histoire du jeu vidéo.

 

 

 

 

Une erreur de timing

 

 

Le concept initial de New Super Luigi Bros. U – c'est ainsi qu'il fut stylisé – n'est pas sans rappeler celui du célèbre Super Mario Bros. 2 sorti exclusivement sur Famicom Disk System en février 1986, là encore quelques mois après le titre auquel il fait suite. En utilisant exactement le même moteur de jeu et ses mêmes assets en tous points, son objectif est d'offrir de nouveaux stages intégralement inédits, mais (beaucoup) plus difficiles. En outre, Luigi étant le protagoniste jouable, c'est sa fameuse maniabilité aussi particulière qu'irritante à laquelle on aura droit (sauts plus hauts et plus longs, mais contrôle globalement plus "glissant"), couplée à… un timer extrêmement réduit de 100 secondes par niveau. Alors évidemment, pour éviter de rendre ces derniers totalement impossibles à terminer à moins de les apprendre par cœur et de les maîtriser façon speerdun, chacun des niveaux de "Luigi U" est très court, et on ne sera véritablement confronté au "time out" que lorsque l'on explore ces levels en profondeur dans le but de récolter les fameuses trois pièces étoile, seules et uniques collectibles des "New SMB" également présentes ici. Ces dernières ne sont pas cachées de façon plus tordue que dans l'épisode "père," cependant cela ne signifie aucunement qu'elles se trouvent facilement, bien au contraire ; c'est donc ici que toute la stupidité du délai incroyablement limité entre en jeu. Il en résulte en effet un déséquilibre absolument aberrant de level design risquant constamment de rendre le jeu parfaitement crétin, puisque partagé entre la volonté de tracer jusqu'au drapeau symbolisant la fin du stage (faute de temps pour l'explorer tranquillement) et celle d'en découvrir les secrets, vraiment intelligemment cachés, mais en mourant régulièrement et pas forcément à cause des très nombreux pièges particulièrement retors d'un épisode clairement plus difficile.

 

 

Au lieu d'afficher une maîtrise attendue de l'apprentissage par l'échec, composante de plus en plus en vogue à l'époque dans de nombreuses créations du milieu, New Super Luigi U n'apprend que très rarement au joueur à "jouer mieux". On en retiendra du coup une expérience un peu trop souvent frustrante, au point d'en faire oublier la jouabilité délibérément pénible du plombier à casquette verte, à laquelle on s'accomode finalement étonnamment bien (et qui, couplée à la fameuse tenue d'écureil, rend l'exploration verticale et la notion de flottement carrément grisantes). Sans être un échec cuisant dans sa conception, car proposant des niveaux délicats à l'architecture souvant brillante, "Luigi U" pêche donc par manque de cohérence d'ensemble. C'est d'autant plus dommage que vraiment, sur le papier, c'était un excellent DLC, qui offre une durée de vie à peu près aussi conséquente que celle de son grand frère – une quinzaine d'heures grand minimum pour être complété à 100%, et c'est une estimation de vieux briscard habitué à ce type de platformer vicieux. Devenu assez prisé des collectionneurs du fait d'une cote plus élevée que le titre de base (sa fin de production étonnamment hâtive y fut pour quelque chose), ce titre quand même sympathique fait l'affaire en tant que complément, et constitue un ajout tout à fait honnête à un portage qui aurait été aussi paresseux que honteux s'il n'était pas venu s'y greffer, peu importe l'absence d'une quelconque nouveauté.

 

 

 

 

Carottin polisson

 

 

Rééditer New Super Mario Bros. U, titre de lancement de la Wii U aussi convenable qu'oubliable, avait un peu tout de la définition parfaite du portage feignant. En y ajoutant sa vraie-fausse extension (ce qui revient à porter le "twin pack" intitulé New Super Mario Bros. U + New Super Luigi U), Nintendo donnait de fait un peu plus de légitimité à une collection dont le prix fort pique un peu à première vue, même s'il demeure compréhensible du fait de la présence de deux titres offrant un peu plus de 150 niveaux et plusieurs dizaines d'heures pour être complétés à 100%. Cependant, peut-être qu'un tarif un peu plus doux (de type 45€) se serait davantage justifié pour ce qui demeure une compilation et en aucun cas un nouveau jeu, aussi complet soit-il. Mais quid des nouveautés, un peu nécessaires quand même histoire de ne pas affaire "juste" à un simple remaster à la hâte n'offrant qu'un peu plus de finesse technique (du 1080p en "docké" contrairement au 720p original, et de meilleurs temps de chargement) ? Tout d'abord, ce n'est pas du côté du multijoueur qu'il faut attendre grand-chose, puisque ce dernier ne change pas vraiment de ce qu'on a pu connaître en 2012, avec cette même propension aux coups bas décuplée par l'absence d'une des assistances les plus utiles de l'opus original : il n'est en effet plus possible de "dessiner" des plates-formes de secours depuis la tablette, et cette fonction n'a aucunement été remplacée de quelque manière que ce soit. Jouer à plusieurs provoquera même des crises de nerfs de groupe au moindre échec de l'un des participants puisque sa mort entraînera un micro freeze d'une seconde environ ; on vous laisse imaginer combien cela pourra être pénible lorsque vous serez interrompu(e) en plein saut un peu compliqué ou au milieu d'une course millimétrée slalomant entre des ennemis. C'est un peu un comble au vu de l'accent mis sur la composante multijoueur de la série depuis l'opus Wii, mais New Super Mario Bros. U et New Super Luigi U seront bien plus intéressants à faire en solo sur cette version Switch, franchement peu accueillante quand il s'agit de s'y lancer à plusieurs – sachant que de toute manière, le standalone et son délai ridiculeusement exigeant n'appelaient vraiment pas à la coopération de base, même entre joueurs aguerris.

 

 

La nouveauté majeure se situe plutôt du côté d'un roster un peu plus fourni quoique intégré à l'emporte-pièce, histoire d'apporter un peu de sang frais sans trop se préoccuper de sa légitimité. Carottin devient notamment jouable en solo, ce qui a pour avantage de grandement simplifier l'expérience (puisqu'il est totalement insensible au contact des ennemis !) mais pas autant qu'en utilisant Toadette, nouvelle venue dans le casting de ces deux jeux, et qui dispose d'une transformation exclusive via une super couronne que seule elle peut utiliser. En effet, cela la mue en une "Peachette" dotée d'innombrables pouvoirs de déplacement et de flottement la rendant plus utile que n'importe quel autre personnage du jeu pour faciliter l'exploration. À noter qu'en utilisant Carottin et Toadette dans New Super Luigi U, le fameux chronomètre se verra doublé et passera à 200 secondes, ce qui aura pour avantage de rendre les niveaux plus agréables à explorer… mais avec des personnages bien plus "cheatés", détruisant une bonne partie de la composante hardcore d'un titre décidément incapable de proposer un quelconque équilibre digne de ce nom. En jouant Toadette (et surtout en l'équipant de cette couronne mystérieuse étant à l'origine du mème "Bowsette" ayant envahi internet à l'automne 2018 suite à l'annonce du jeu et de cette nouvelle fonction), les deux titres deviennent alors beaucoup plus faciles, un peu lorsque l'on use de Funky Kong dans l'excellent portage Switch de Donkey Kong Country: Tropical Freeze (cf. ma critique dédiée). On a hâte de voir quel personnage aux pouvoirs complètement pétés sera proposé dans la potentielle réédition de Super Mario 3D World pour casser le jeu encore plus que l'avait fait Harmonie à l'époque, même si celle-ci n'abusait en rien. Oui, j'en viens à espérer qu'après tant de portages en tous genres, le vrai meilleur platformer de la Wii U débarque à son tour sur Switch, car New Super Mario Bros. U + New Super Luigi U a beau constituer un bundle sympathique et assez complet, il y a un vrai très grand jeu à réhabiliter et faire connaître à toutes celles et ceux qui avaient déjà bradé leur Wii U à l'automne 2013 pour se prendre une PS4 ou une Xbox One. Ce qui, je persiste et signe, n'avait absolument aucun intérêt à ce moment-là. Bref, tout ça pour dire que New Super Mario Bros. U Deluxe ne casse pas trois pattes à un canard, n'est pas non plus le portage le plus honteux du monde, et si vous n'avez pas joué à ces deux titres (ou avec raté l'un des deux a minima) il y a six ans, investir dedans à un tarif d'occasion n'aura rien de scandaleux. Quant à y mettre le prix fort d'un Super Mario Odyssey, par contre…

 

 

 

 

Il faut bien le dire, New Super Mario Bros. U Deluxe avait un peu du tout du potentiel portage de trop sur une console qui n'en manque pas. En regroupant deux jeux Wii U sympathiques dans leur globalité mais loin d'être des indispensables sur une machine ayant sévérement bidé, cette compilation vendue qui plus est à un tarif frôlant le déraisonnable aurait même pu recevoir des critiques sévères tout à fait légitimes. Cependant, en remettant au goût du jour ce qui reste un très bon Mario 2D, un peu injustement oublié du fait d'un contexte peu propice au succès, ainsi que son stand-alone pas toujours bien équilibré mais complétant très bien l'expérience de base, Nintendo livre un remaster tout à fait convenable bien qu'assez paresseux. Les seules vraies aventures en "2DHD" du plombier moustachu, ainsi fournies dans leur intégralité, offrent malgré tout quelques dizaines d'heures de jeu plutôt complètes et si l'on n'en gardera pas beaucoup de souvenirs mémorables, l'aventure vaut globalement le détour. Je ne saurais cependant que vous en détourner totalement si vous avez déjà fait les deux épisodes à l'époque sur Wii U et que vous les considérez (logiquement) comme inférieurs à Super Mario 3D World. Quand ce dernier aura droit à son portage Switch à son tour, ce qui semble somme toute prévisible, vous me verrez peut-être vous inviter à vous ruer sur un portage bête et méchant, comme je le fais sans l'ombre d'une hésitation concernant Mario Kart 8 Deluxe par exemple. Dans le cas de cette autre réédition "deluxe", en attendant, ça se tente quand même si vous voulez donner à manger à votre console hybride et passer de bons moments, mais on aura tendance à beaucoup plus vous orienter vers un Rayman Legends Definitive Edition si vous voulez de la vraie plate-forme 2D colorée en haute définition datant de la même époque déjà lointaine.



J'ai adoré / aimé :

 

+ Deux jeux de plate-forme complets et plutôt riches pour le prix d'un (si si)

+ Durée de vie solide, avec en plus pas mal de mini-jeux / défis une fois les 100% atteints

+ "New SMB U" s'offre une seconde chance méritée car c'est un très bon jeu (oui oui)

+ De quoi découvrir "Luigi U" sans céder à la cote démesurée de l'original

+ Un petit lifting d'ensemble, quand même (et toujours un bonheur en nomade)

+ Pas mal de challenge, même si pas toujours intelligemment dosé

+ L'accessibilité "made in Nintendo" pour tous les types et niveaux de joueurs

+ À ce rythme, on va enfin avoir un portage Switch de Super Mario 3D World


J'ai détesté / pas aimé :

 

– C'est quand même loin d'être le Mario 2D le plus ingénieux et original

– "New Luigi U" est pas mal plombé par cette idée de timer totalement idiote

– Même si "Luigi U" a pris une bonne cote, ça reste quand même cher pour un portage

– Quand même assez peu d'ajouts significatifs qui marqueraient le coup

– Certaines features du multijoueur Wii U ont (hélas logiquement) disparu

– Les freezes en multi dès qu'un des joueurs perd une vie, inadmissibles

– Bande originale franchement feignante malgré quelques thèmes vraiment chouettes

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