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Luigi's Mansion (Nintendo 3DS) – À Boo de souffle

Des pavés dans la mer…

19 octobre 2018

Lorsque la Game Cube (oui, "la") débarqua dans nos foyers au début du millénaire, quelle ne fut pas notre surprise de voir Mario absent de son lancement, au profit de son frère trouillard et maladroit ! C'est un peu la même stupéfaction qui envahira les fans de Nintendo (et les connaisseurs de jeux vidéo en général) début mars 2018, lorsqu'est annoncé un portage de ce très bon launch title, techniquement solide et impressionnant en son temps, sur… Nintendo 3DS. Était-il nécessaire de tirer encore une fois sur la corde d'une machine vieille de sept ans, bonne à ranger définitivement au placard alors que remasteriser ce jeu sur Nintendo Switch aurait eu bien plus de sens, surtout quelques mois avant d'annoncer un troisième volet tout aussi inattendu ? À moins que Luigi's Mansion ne fasse office de banc d'essai en vue d'autres portages GC sur 3DS, celle-ci commençant également à accueillir des titres Wii (Kirby au Fil de l'Aventure, par exemple). Quoi qu'il en soit, l'heure est venue de replonger dans ce bon vieux manoir, en espérant ne pas avoir affaire au portage de l'horreur…



Note sur les conditions de jeu / À propos de cet article :

 

Cette nouvelle expérience de Luigi's Mansion, une quinzaine d'années après l'avoir découvert (et refait) sur Game Cube, s'est déroulée sur une Nintendo 3DS XL, à partir d'une version boîte pour laquelle je tiens à remercier Nintendo via laboitecom. Les screenshots ont été réalisés par mes soins depuis un logiciel de capture utilisé dans le cadre professionnel, vu que j'y ai remis à jour la soluce du jeu. Enfin, une fois n'est pas coutume, je vais reprendre (et remettre aux "normes" du jour) l'essentiel de mon test d'époque réalisé sur GC pour Mario Museum dans la première partie de cette critique, avant de revenir sur l'intérêt (ou non) de cette réédition 3DS. Notez enfin que, faute de paire d'yeux fonctionnelle dans cette optique (héhé), les fonctionnalités 3D du jeu n'ont pas été testées.

 

 

 

 

Only for Game Boy Horror

 

 

En 2002, quand la Game Cube débarque sur le marché du jeu vidéo, elle a deux objectifs : faire oublier l’échec de la Nintendo 64 et concurrencer les deux autres 128-bit présentes sur le marché, à savoir la Xbox et la PlayStation 2, cette dernière étant évidemment considérée comme la grande rivale. Bien sûr, son premier coup d’éclat doit être le Mario inaugural de la console. En effet, à chaque console correspond son épisode mettant en scène le célèbre plombier moustachu : Super Mario Bros. pour la NES, Super Mario Land côté Game Boy, Super Mario World sur SNES, ou Super Mario 64 pour la N64. La GC doit donc se présenter avec son Mario à elle, et pourtant… la surprise est de taille quand on apprend que le premier jeu de la console n'aura pas pour protagoniste Mario mais son frère Luigi ! L’intrigue diffère légèrement de l'ordinaire, ce qui est logique vu que l’on change radicalement d’univers mais aussi de héros. Lors d'une tombola loufoque à laquelle il n'a pas participé, le n°2 des plombiers italiens gagne un manoir ("mansion" en anglais, donc) et décide d'y passer quelque temps avec son aîné. Une belle campagne de prévention contre les spams et autres phishings, d'une certaine façon. Les deux frangins se mettent d'accord sur un point : Mario s'y rendra un peu avant Luigi, qui le rejoindra juste après. L'introduction nous permet de suivre alors un "héros" réellement poltron qui se perd dans la forêt entourant le fameux manoir (qui rappelle quelque peu celui de Mario 64, d'ailleurs), mais parvient finalement à se rendre dans son nouveau logis. Là commence l'aventure, la toute première des plombiers en version 128-bit : le "petit frère" à casquette verte entre donc dans le manoir, vraiment pas rassuré (la forêt est sinistre, il fait nuit, l'ambiance sonore est glauque et oppressante… bref, tous les ingrédients du film d'horreur sont réunis). Luigi se rend immédiatement compte qu'il a été roulé : le manoir est sordide à souhait, et très vite, se trouve envahi par des spectres de toutes sortes qui viennent hanter la demeure abandonnée. Notre héros malgré lui devine qu'il va suivre le même destin funeste que son frangin : il est à la merci des esprits… heureusement, un vieux type loufoque survient et chasse les fantômes à l'aide d'un simple aspirateur ! Le professeur K. Tastroff, c'est son nom, étudie depuis plusieurs mois les ectoplasmes dans ce manoir, et son aspirateur, qui répond au nom très pompeux – hihi – d’Ectoblast 3000, constitue l'arme absolue de la chasse aux fantômes, dans ce qui s'apparente à un joli hommage à Ghostbusters.

 

 

Le savant fou, qui n'est pas un vieux radin, vous convie dans son laboratoire où il vous initie au maniement de l'aspirateur, et aux rudiments de la traque aux fantômes en général. Pas vraiment radin, il vous refile également une lampe-torche qui permettait à l'époque de se rendre compte des fabuleuses performances de la GC en matière de jeux d'ombre et de lumière. Les effets de transparence, essentiels vu la quantité de spectres qui envahissent la masure, sont en outre parfaitement gérés par une machine capable de rendre transparent un polygone texturé. Et ce sans parler du travail sur les déformations d'objets : Luigi peut aspirer plein d'éléments du décor avec son "arme" ; outre les chandelles, bibelots et meubles qui vont remuer à chaque utilisation de l’Ectoblast, et vous octroyer de nombreux bonus, il est possible d'aspirer ou de mouvoir les posters qui ornent les murs, ou tous les objets en papier ou tissu (rideaux, torchons, papier toilette, affiches, nappes, serpillières…). Vous serez d'ailleurs régulièrement amené(e) à aspirer des éléments du décor pour progresser dans le jeu. La déformation des éléments aspirés qui en résulte est révélatrice de ce dont est capable la console. En outre, côté environnements, on a là aussi affaire à une bien belle évolution. Le château de Peach et la maison hantée de Mario 64 n'étaient quand même pas très variés et manquaient un peu de richesse à l'heure de l'avènement d'une nouvelle machine, et nous laissaient un peu sur notre faim avec le temps ; dans Luigi's Mansion, en revanche, le problème est résolu. Comme la majeure partie du jeu se déroule dans le manoir, on peut se rendre compte du superbe travail effectué par Nintendo sur le plan des intérieurs. Les proportions sont enfin respectées, les pièces sont variées, remplies de tableaux à admirer, et l’angle de vue fixe peut vraiment flanquer la trouille : en effet, parfois Luigi vous fait face, et il est donc impossible de déterminer si quelque chose surgira à l'angle des deux couloirs ! Les univers extérieurs ne sont pas en reste : notre héros malgré lui se promène parfois dans le cimetière ou des jardins aux arbres crochus, pas davantage engageants. Également armé, donc, d'une lampe-torche dont il fait usage dans les pièces sombres du manoir, l'éternel numéro 2 de la saga part à la recherche des spectres qui hantent aussi le jardin. Sans aller jusqu'à oser une comparaison trop poussée avec Resident Evil, maître du genre à l'époque, Luigi's Mansion séduit par son aspect quelque peu effrayant à la tension maîtrisée, de couloirs inquiétants (où on ne sait jamais ce qui va arriver !) aux fantômes présents un peu partout et qui paraissent bien complexes à saisir.

 

 

 

 

En complément d'une mécanique de jeu simple mais à l'efficacité redoutable – marque de fabrique indélébile côté Nintendo, nous en conviendrons – basée sur l'éclairage d'un fantôme avec la lampe-torche pour révéler sa faiblesse, et ensuite l'aspirer tout en secouant frénétiquement le joystick, ce titre de lancement proposait une innovation intéressante : la Game Boy Horror (oui, toujours "la", non mais). Après les nombreuses déclinaisons de sa célèbre portable (Pocket, Light, Camera, et les évolutions Color et Advance), on a affaire à une version de Game Boy spécialement conçue pour cette aventure, désormais propriété du héros, qui s'en sert essentiellement pour repérer les spectres et analyser son environnement. Luigi, bien plus éloquent que son aîné, peut d'ailleurs formuler ses propres commentaires sur les objets scannés, et l'appareil lui permet aussi d'afficher des objets que la caméra fixe ne permet pas de voir en temps normal. Vous ne disposez en effet que d'un seul angle de vue, horizontal mais tout en profondeur, qui favorise l’effet de surprise. Afin de conserver une certaine cohérence avec le lore de la série et de rappeler que l'on est bien dans un Mario en dépit de son titre, la bande son discrète mais tout à fait dans l'esprit s'autorisera quelques hommages au glorieux passé (avant que cela ne devienne une routine dans les opus à venir), et vous croiserez Toad à pluiseurs reprises. Comme dans l'épisode 64-bit, le petit champignon dévoué à la princesse est un précieux soutien sans laquelle la progression serait bien ralentie, puisqu'il vous permet ici de sauvegarder votre progression. Il explique par ailleurs se trouver dans le manoir (qui l'angoisse encore davantage que nous) car Peach lui a ordonné de retrouver Mario… sans quoi elle risque de faire une dépression nerveuse (sic). En effet, à l'ère du changement, c'est une quête inédite ou presque qui vous est imposée, puisque le héros habituel est prisonnier des esprits, et Luigi doit vaincre sa frousse légendaire pour le sauver ! Et ce même si c'est la deuxième fois que Luigi joue les premiers rôles, après un Mario Is Missing! (aussi éducatif que dispensable) où déjà, il devait voler au secours de son aîné. Au rang des petits détails chers à Nintendo et immergeant merveilleusement dans ses productions, on appréciera notamment la présence d'un bouton exclusivement dédié à… appeler Mario. Selon l'état de santé de Luigi, sa voix sera carrément différente, allant de l'interpellation légèrement anxieuse mais déterminée à une voix terriblement tremblante et presque agonisante.

 

 

Sur de très nombreux plans, Luigi's Mansion faisait preuve de franche réussite, et ne décevait en somme qu'au niveau du manque de challenge d'un titre extrêmement court une fois maîtrisé (surtout facturé plein pot !) et ne révélant sa vraie difficulté qu'une fois terminé, en se lançant dans le "manoir caché". Au début des années 2000 déjà, Nintendo avait cette sale manie d'offrir un mode hard non pas d'office, mais uniquement aux joueurs complétant une aventure bien trop facile de base. Même en galérant un peu face à quelques énigmes un poil retorses, il n'était pas envisageable de dépasser les huit à dix heures, complétion de la quête annexe des Boos comprise, pour en venir à bout sur un premier loop ! Fort heureusement, à peu près tout le reste compensait. Du scénario loufoque mais amusant à suivre, porté par la réalisation de Luigi et de ses antagonistes, très cartoon et franchement réussie et divertissante, à une mise en scène de haute volée sublimant cette nouvelle machine dès ses premières heures d'utilisation, en passant par une maniabilité exemplaire mettant immédiatement en valeur ce qui restera un des meilleurs pads de l'histoire du constructeur… il n'y avait pas grand-chose à jeter dans cette nouvelle aventure originale, dépaysante et suffisamment flippante par moments, l'ambiance sonore aidant grandement. Même sur un écran cathodique, du moment que l'on disposait d'un câble RGB (puisque Nintendo avait perdu la bonne habitude d'en fournir un par défaut dans ses packs) et d'un système son digne de ce nom, Luigi's Mansion était une jolie petite claque technique. De fait, pendant de nombreuses années, ses plus féroces aficionados ont naïvement espéré une suite à ce titre à la cote d'amour bien réelle, et encore davantage avec l'arrivée en 2012 d'une Wii U qui aurait permis de proposer a minima le portage en haute définition que ce jeu méritait clairement. À défaut de cela, ils se contenteront d'un Luigi's Mansion 2 sur Nintendo 3DS, ne pouvant certes satisfaire tous les espoirs des fans, mais les rassurant sur l'exploitation d'une licence pas si morte que ça, au contraire d'une Wii U dont on allait vite comprendre qu'elle n'accueillirait jamais un remaster (voire un remake ?) qui se justifiait pourtant de plus en plus, notamment au vu du succès de celui de The Legend of Zelda: The Wind Waker, titre essentiel du catalogue GC. La Nintendo Switch, officiellement annoncée fin 2016 et faisant office de console hybride affichant de la haute définition même en mode nomade, allait-elle enfin exaucer ce vieux fantasme ?

 

 

 

 

Il ne peut plus rien nous arriver d'affreux, maintenant (spoiler : bah si)

 

 

C'est pourtant bel et bien sur 3DS – oui, la plate-forme où est paru Luigi's Mansion 2 en… 2014 ! – qu'est annoncé, vraiment sans crier gare, un portage du fameux survival horror de Nintendo sans survie et à l'horreur modérée. Même avec Grezzo (auteur des excellents remasters 3DS des deux Zelda de la Nintendo 64) aux commandes, tous les doutes sont permis : pas grand-chose ne justifie ce choix de support, qui n'améliorera clairement pas la performance technique originelle de façon significative, et ce d'autant plus que sa maniabilité parfaitement optimisée se verra remise en cause sur bon nombre des modèles de la portable à double écran. En effet, si on peut de prime abord se rappeler que l'angle de vue est fixe et qu'aucun second stick n'est requis pour diriger une quelconque caméra, une dure réalité nous revient en pleine face tel le punching-ball de la salle de muscu que Luigi frappait naïvement sans penser au retour à venir : l'aspirateur requiert un second stick pour être orienté, en plus du premier servant à diriger le protagoniste ! Difficile donc de se montrer enthousiaste face à une telle annonce, ce que le portage 3DS du Kirby Wii annoncé quelques mois après n'arrangera pas, entretenant l'hypothèse d'une 3DS désormais vue comme terre d'accueil de rééditions GC et Wii pour terminer sa jolie carrière en roue libre. Néanmoins, vu que Luigi's Mansion reste un très bon jeu vidéo et qu'un support comme la 3DS peut apporter son lot de nouveautés exclusives, il convenait un peu de se pencher sur cette remise au goût du jour, et pourquoi pas admettre qu'il était hâtif de l'enterrer dès son annonce.

 

 

Passée la mauvaise surprise du second stick absent, défaut inhérent à de nombreux modèles (3DS classique, 3DS XL et 2DS, quand même… ce qui peut pousser à user de la croix directionnelle (!!), évidemment aussi imprécise que très mal située, à la place) et de l'alternative aussi horripilante que quasi forcée que constituent les contrôles gyroscopiques, on appréciera quelques petites subtilités exclusives à cette réédition. Pêle-même, on citera l'usage de l'écran tactile pour afficher le total des trésors récoltés, la map que l'on peut zoomer, l'utilisation des amiibo évidemment (très anecdotique cela dit), ainsi que quelques ajouts non négligeables dans le mode galerie, totalement revu pour l'occasion, dont un bestiaire détaillé, au grand bonheur des complétistes. Le titre d'origine étant par ailleurs vieux de dix-sept ans quand même, il a subi un petit lifting légitime bien que pas forcément frappant, du fait d'une résolution bâtarde qui a cependant pour avantage d'améliorer la visibilité horizontale. Quelques détails par-ci par-là ont été rajoutés, mais rien ne choque plus que ça. Mieux encore, d'une manière générale, ce qui a été retouché est discret, passe bien, et presque aucun des éléments ayant fait le succès du titre originel n'est trahi – coucou, Link's Awakening DX ! On peut donc retrouver avec grand plaisir la traduction française de l'époque, des commentaires de Luigi sur tout ce qu'il observe, jusqu'au noms plus crétins les uns que les autres donnés aux célèbres Boo, ces fantômes tout en boule présents depuis trois décennies déjà dans le riche univers Mario. Comment ne pas encore s'esclaffer devant les très inspirés “Peuchère ! Je suis Booyabès !“ ou “Boofy, chasseur de vampires”, pour ne citer qu'eux. Seul le mode difficile, qui est donc accessible, une fois de plus, seulement après avoir fini le jeu, se montre clairement inférieur à l'original puisqu'amputé du fameux mode "miroir" du manoir (pour nous joueurs PAL, qui disposions de cette exclusivité !).

 

 

 

 

C'est cependant au niveau de sa nouveauté majeure, à savoir le mode coopération sur lequel Nintendo a axé l'essentiel de sa communication, que ce Luigi's Mansion version 2018 doit s'illustrer, et faire la différence. Une fois le tutoriel "classique" passé, où K. Tastroff vous enseigne l'art de la chasse aux ectoplasmes, une cutscene exclusive à cette réédition introduit (et justifie) le Luigi vert transparent que votre partenaire de coopération dirigera. Si l'explication fournie par le scénario est à l'image du titre, à savoir loufoque et modérément convaincante mais distrayante, c'est sa mise en application qui va poser problème. Là où pas mal de jeux 3DS sont jouables en multi à l'aide d'une seule cartouche, ici, en posséder une seule ne permet que de jouer à deux dans la salle d'entraînement – il est donc requis de posséder deux exemplaires de Luigi's Mansion pour véritablement exploiter le mode coop du jeu ! On serait quand même tenté de passer (un peu) l'éponge si ladite coopération était de haute volée, et justifiait pourquoi pas de passer à la caisse deux fois entre amis pour vivre l'exploration du manoir hanté sous un nouvel angle. Hélas, cela n'est pas spécialement le cas, voire pas du tout. Le second joueur ne remplit qu'un rôle de faire-valoir plus humiliant encore que celui tenu traditionnellement par Luigi, ne pouvant ni ouvrir les portes, ni les coffres… et se contentant de suivre le premier, ne l'assistant finalement que pour aspirer les fantômes. C'est résumé assez vulgairement, mais finalement, c'est un peu se mettre à la hauteur d'un mode de jeu qui n'était même pas hyper prometteur à première vue, et trouve quand même le moyen de décevoir alors que l'on n'en attendait rien !

 

 

Cerise sur le gâteau (empoisonné ?) : dans ces conditions, le titre de Grezzo est en souffrance. Le framerate s'en trouve incroyablement réduit, sans qu'une quelconque explication logique vienne justifier cette énième tare qui achève un mode coop qui passe de "discutable" à "totalement dispensable". Un comble pour l'apport majeur de cette nouvelle version ! En résumé, Luigi's Mansion se voit inutilement alourdi d'un mode multijoueur injustifié et mal conçu, qui de surcroît fait inexplicablement souffrir une console qui limite déjà très étrangement le jeu solo à 30fps (heureusement constants), et ce même sur New 3DS, là où un A Link Between Worlds bien plus vaste – et de cinq ans son cadet, avant l'arrivée de modèles de 3DS supposés plus performants ! – jouissait d'une fluidité exemplaire à 60fps permanents. Certes, cela n'entache pas énormément le tableau vu que cette aventure de Luigi a toujours eu résolument l'âme d'un titre solo, mais n'y avait-il du coup pas mieux à faire pour rendre ce portage pertinent, comme par exemple ajouter du contenu solo ou affiner ce dernier techniquement ? En attendant le futur troisième épisode, heureusement sur Switch cette fois-ci, on se contentera donc de refaire un jeu Game Cube sympa, même sur un support qui ne s'y prête pas idéalement, en rageant quelque peu face à la relative incohérence d'ensemble de cette réédition. Ou bien on s'en passera, ce qu'honnêtement, personne ne viendra vous reprocher.

 

 

 

 

Sur Game Cube, Luigi's Mansion n'était pas loin de constituer un indispensable à tout fan de Mario et de Nintendo, la nécessité d'investir dans un des rares titres first-party du lancement contribuant grandement à son intérêt. Titre promotionnel parfait dans son genre, bluffant techniquement pour son époque, amusant et capable d'effrayer à petites doses tout en restant un titre très "familial", il demeurait une des meilleures exclusivités d'un support qui n'en a quand même pas manqué en à peine cinq ans d'existence. Cependant, son portage 3DS très tardif, lui, restera une relative énigme. N'apportant pas grand-chose en-dehors d'un lifting franchement discret bien qu'appréciable, et de quelques petites features tactiles il est vrai ergonomiques, il ne parvient pas du tout à convaincre sur sa seule vraie nouveauté notable, un mode coopération aux mécanismes datés et à l'intégration franchement douteuse, qui aurait peut-être pu se justifier davantage avec une meilleure finition. Alors certes, je recommanderai bien évidemment ce portage à quiconque n'ayant jamais franchi le seuil du manoir hanté en compagnie de Luigi, et disposerait d'une "New" 3DS/2DS (voire d'un Circle Pad Pro adapté à son "vieux" modèle de 3DS, à la rigueur…), surtout que la cote de l'original ne cesse inexplicablement de s'envoler. Mais si vous avez déjà joué à Luigi's Mansion et qu'il ne vous a pas laissé de souvenirs impérissables, sachez qu'aussi court et facile soit-il, cette version a peu de chances de provoquer un coup de cœur tardif. Quant aux nostalgiques, ça les occupera environ six heures et pas davantage, sachant que le mode difficile est bien plus intéressant à expérimenter sur GC. À partir de là, réfléchissez bien à votre investissement, car Luigi's Mansion demeure proposé au prix fort, ce qui n'est pas loin de constituer un mini scandale…



J'ai adoré / aimé :

 

+ Retrouver un bon titre Game Cube sur portable, même si ce n'est "que" sur 3DS

+ Tout ce qui faisait le charme et la qualité du titre d'origine est conservé

+ Une petite amélioration graphique, quand même

+ Quelques ajouts tout à fait convenables et pertinents

+ Format nomade idéal pour un titre plutôt court

+ Toujours très agréable à jouer… seulement sur les "New" 3DS/2DS


J'ai détesté / pas aimé :

 

– Pas loin d'être injouable sur les premières 3DS sans ajout d'un Circle Pad Pro

– Coopération finalement anecdotique et globalement mal gérée

– Verrouillé à 30fps, vraiment ?? Et que dire de la coop qui fait ramer la console…

– Le mode hard uniquement accessible en finissant le jeu une fois, comme trop souvent…

– … et amputé de sa fonction "miroir" qui n'existe donc que sur GC (PAL de surcroît)

– Tarif franchement élevé pour un portage si paresseux et discutable

– Pourquoi sur 3DS et pas un vrai remaster HD sur Switch, bon sang ?

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